Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 00:33

J'avais annoncé le livre biographique de Patrick Jagou sur notre ami Hubert Favre : "Hubert du Beaufortain".

Hubert dédicacera son livre à la Librairie Garin à Chambéry, Boulevard du Théâte, ce vendredi 23 avril de 15h à 18h. Voici les lignes écrites par l'auteur qui nous permettent de voir en quoi ce livre est aussi exceptionnel que le personnage présenté.biographie.jpg

 

Amis d’Hubert, bonjour !

À une époque où chaque jour apporte son tombereau de calamités (tremblements de terre, tsunamis, catastrophes nucléaires, guerres, etc.), enfin une bonne nouvelle !

En effet, je suis heureux de vous informer « qu’Hubert du Beaufortain » (sous-titre : « randonnée littéraire en 80 étapes sur le sentier de vie d’Hubert Favre »), le dernier ouvrage publié par les éditions Kahunavision, a reçu un excellent accueil dans les journaux locaux, comme vous pourrez le constater en consultant la mini-revue de presse que vous trouverez en pièce jointe.

Ce livre est avant tout le fruit d’une rencontre, celle d’un Beaufortain (Hubert Favre, fréquemment surnommé « l’Ambassadeur », « l’Indien » ou « la Mémoire du Beaufortain ») et d’un citadin, moi-même. 

Du mois de novembre 2007 à celui de mai 2009, Hubert et moi, nous nous sommes vus tous les lundis pendant une heure et demi à l’exception des vacances scolaires. Durant ces rencontres réalisées en apnée, en dehors de l’espace-temps, je l’ai aidé à accoucher de l’histoire (souvent drôle, parfois douloureuse...) de sa vie, devenant ainsi son confesseur-rédacteur. 

Peu à peu, au fil de nos entretiens, la confiance s’est installée. Et, au fur et à mesure, une petite musique à deux voix est née, au début ténue, puis de plus en plus hardie, petite musique dont j’ai essayé de retranscrire les notes sur le papier. 

Je l’avoue, le résultat est étonnant : il traduit assez fidèlement le plaisir que l’exercice nous a procuré, lui en me parlant, moi en l’écoutant. 

En ce début de XXIe siècle, le jeunisme ambiant essaie de nous convaincre que l’âge rime avec les mots "décrépitude" et "mort". La fréquentation de ce vieux jeune homme enthousiaste qu’est Hubert m’a rappelé qu’au contraire, l’âge est synonyme de sagesse. 

Lors de nos entretiens, à de nombreuses reprises, je me suis revu lorsque, enfant, j’écoutais religieusement mon grand-père maternel me raconter la guerre de 14-18 pendant des heures. Il était la voix et j’étais l’oreille. Il était le sage et j’étais le disciple. Lui prenait un plaisir manifeste à me raconter ce qu’il avait vécu de bon et de mauvais, à me décrire les chausse-trappes et les miracles de la vie. Quant à moi, il ne me serait pas venu à l’idée de mettre sa parole en doute : je buvais ses paroles, je m’en sentais nourri, fertilisé. J’avais l’impression que ses mots m’aidaient à grandir.

Et bien, voyez-vous, avec Hubert, j’ai retrouvé cette impression et tout le mal que je vous souhaite, c’est de l’éprouver à votre tour, car l’expérience que, lui et moi, nous avons vécue n’est pas anodine. Au contraire, ce dont il s’agit ici, c’est, ni plus ni moins, la transmission du savoir d’une génération à l’autre (Hubert a l’âge qu’aurait eu mon père s’il était encore vivant), c’est l’essence de ce que l’on nomme "lien intergénérationnel", car, dans nos entretiens, Hubert a donné le meilleur de lui-même.

Quelle est cette société qui juge ses cadres "trop vieux, trop chers" dès qu’ils ont atteint l’âge de 45 ans et qui cache ses aînés dans des mouroirs grimés en "maisons de retraites" ? Que peut-elle bâtir de solide si elle ne capitalise pas sur l’expérience des générations précédentes ? Rien. C’est la raison pour laquelle j’ai entrepris de réaliser des portraits de personnages de la trempe d’Hubert, magnifique spécimen de Meetchong technique, afin de laisser à notre descendance des cartes aptes à la guider sur son propre sentier de vie et quelques panneaux indicateurs qui fassent sens.

Si vous souhaitez vous procurer ce beau livre plein d’humour, de tendresse et d’humanité, il vous suffit d’imprimer la brochure électronique que vous trouverez aussi en pièce jointe et de me retourner votre bon de commande dûment rempli accompagné de votre paiement.

Merci d’avance !

Bien cordialement,

 Patrick Jagou.  


Par Daniel - Publié dans : Ils publient…
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Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 00:00

   michel étiévent Michel Étiévent, l'écrivain du peuple et de la Savoie, que nous avons apprécié lors de notre première rencontre en juin dernier a écrit de nombreux ouvrages relatant la vie des ouvriers français et de leurs "meneurs". Dans la période où nous vivons je recommande la lecture de son ouvrage « Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d’innovation sociale». Quelle belle leçon sociale. C'est ainsi que je lui écrivais en octobre 2010 :  je viens de terminer ton livre "Chemins croisés…" Merci de cette belle lecture qui a toute son actualité aujourd'hui où les gens ne voient plus ce que c'était avant les innovations sociales de nos deux militants. Je crois qu'il faudrait reprendre les citations que tu nous donnes pour les re-diffuser !  Michel a récemment attiré notre attention sur le fait que nous entrons dans l'année Ambroise Croizat, mais je lui laisse la plume.

Daniel Bret

 

Bonjour les amis.
 Nous entrons dans l’année Ambroise Croizat. 110 ème anniversaire de sa naissance, 60èmede sa mort, 65 éme de la création de la sécurité sociale et des retraites qu’il a fondées. Son œuvre, ses luttes, son message sont d’une actualité et d’une modernité brûlantes. Pour l’événement et pour donner à cet inventeur social la place qui lui revient dans l’Histoire, cette année verra de nombreuses initiatives le commémorant. Il pourrait être bien que chacun d’entre nous, au sein de groupes, syndicats, partis, organisations, associations, soit à l’initiative d’un rassemblement, d’une inauguration (même symbolique) de rues, de places, d’écoles, d’institutions, de salles…). Ainsi, à l’heure où l’on tente de casser ses acquis rendrait-on hommage à la modernité de celui qui a donné au siècle et à l’avenir la couleur de la dignité. (Ci-joint, ci-dessous un texte sur sa vie, ses luttes, son œuvre). Merci à tous.
Michel Etievent, historien, biographe d’Ambroise Croizat


 2011. Année Ambroise Croizat… 

                   2011. Nous entrons dans l’année Ambroise Croizat. 110 ème anniversaire de sa naissance, 60 ème de sa mort, 65ème anniversaire de la sécurité sociale dont il est le bâtisseur. Celui dont l’œuvre et le message résonne aujourd’hui d’une actualité brûlante naît un 28 janvier 1901 comme un fils d’usine. Entre l’éclat des fours de Savoie, son père, Antoine, est  manœuvre. Douze heures par jour pour huit sous de l’heure. À peine le prix du pain. En cette aurore de siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de congés, pas de retraite. Si la maladie ronge, il faut s’arrêter et le salaire n’est pas versé. On vit alors de la charité ou de la solidarité du quartier. Devant les coulées d’acier, sans aucune protection, l’accident de travail est quotidien. L’espoir, c’est le père d’Ambroise qui l’incarne. Fondateur du premier syndicat CGT des Alpes, il lance en 1906, la première grande grève. Dix jours de bras croisés pour la reconnaissance du syndicat et de la caisse de secours. Une grève pour le droit à la santé, tout simplement. Il l’obtient mais de vieilles revanches l’invitent à s’embaucher ailleurs.Croizat et Paul

                  1907. Ugine. Autre grève, autre départ obligé vers la région lyonnaise. C’est là qu’Ambroise prend le relais du père qui part vers la guerre. À treize ans, il est ajusteur dans une  robinetterie de Lyon.  Derrière l’établi, les mots du père fécondent: " Ne plie pas petit. Le siècle s’ouvre pour toi." Ambroise adhère à la CGT puis à la SFIO. À dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie lyonnaise. Reste à faire le pas. Celui du congrès de Tours où il entre au PCF en 1920. " Proche du peuple d’où il venait, on le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au cœur d’une assemblée paysanne » Antimilitarisme, anticolonialisme, les deux mots tissent les chemins du militant entre une soupe populaire et une prison de passage. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. La route à nouveau, « militant ambulant ", un baluchon de « Vie Ouvrière » à vendre pour tout salaire. Commence un long périple où il anime les grèves de Marseille, du Nord, les comités de chômeurs de Lille ou de Bordeaux. Sur le terreau de la crise germe le fascisme. " S’unir, disait-il, pour donner à la France d’autres espoirs. Pas unis, pas d’acquis ! » Ces mots, il les laisse  au cœur des luttes où " l’infatigable unitaire " ouvre l’ère du Front Populaire.

                 En 1936, Ambroise, secrétaire de la fédération des métaux CGT réunifiée, est élu député de Paris du PCF dans le 14ème arrondissement. A l’Assemblée, au cœur des entreprises, il impose la loi sur les conventions collectives: une rupture de dignité  pour le salarié qui substitue au droit divin du patronat une codification écrite des conditions de travail établie avec l’assentiment  des délégués du personnel. Présent à Matignon avec Benoît Frachon, il donne aux Accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine des quarante heures. Mais la route s’ennuage. Croizat organise les solidarités pour l’Espagne, repart sur les routes pour préserver les acquis de l’été 1936. À Munich, le soleil de mai décline devant la capitulation face à l’Allemagne. 1939.  Arrêté le 7 octobre, avec d’autres députés communistes, il est incarcéré à la prison de la Santé. Fers aux pieds, il traverse 14 prisons françaises avant de vivre les horreurs du bagne à Alger.

                 Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire d’Alger autour du Général De Gaulle. Il y exerce la présidence de la Commission du Travail. Là, mûrissent les rêves du Conseil national de la Résistance et les inventions sociales de la Libération. La sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme du CNR de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’Etat ». Les mots, lumineux, reprennent point par point l’article 21 de la déclaration des droits de l’homme de 1793 qui, pour la première fois au monde, ouvrait le droit au travail et à la santé pour tous. A la tête d’une commission de résistants, Ambroise dessine dès l’été 1943 les premières moutures de ce qui allait devenir la sécurité sociale. " Il faut  en finir avec la souffrance et l’exclusion. Nous libérerons les Français des angoisses du lendemain ! ", disait-il à Alger le 14 janvier 1944.

                 C’est ce travail mûri par deux années de réflexion et l’aide des services de François Billoux, ministre de la santé, qui va aboutir à l’ordonnance d’octobre 1945, instituant la sécurité sociale. Le texte écrit, reste à  bâtir l’idée. Le chantier commence en novembre 1945 quand Croizat est nommé au Ministère du Travail. 138 caisses de Sécurité sociale sont édifiées en 2 ans sous sa maîtrise d’œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés, "pour en terminer, selon les mots du ministre, avec l’indignité des vies dans l’angoisse de l’accident, de la maladie, ou des souffrances de l’enfance ». Pierre Laroque qui fut  un des techniciens chargés de la mise en place du nouveau régime déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, nous avons pu construire cette énorme structure alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le plan Beveridge qui date de 1942 qu’en 1948. Il faut dire l’action irremplaçable d’Ambroise Croizat. C’est son entière confiance manifestée aux hommes de terrain qui est à l’origine d’un succès aussi rapide et remarquable » Rappelons combien  le rapport de force de la Libération permit la naissance de celle que l’on va désormais appeler « la sécu » : un parti communiste à 29 % des voix, 5 millions d’adhérents à la CGT qui a joué un rôle fondateur, une classe ouvrière grandie par sa lutte héroïque dans la résistance.

                 Là ne s’arrête pas l’héritage de celui que l’on appelle  le « Ministre des travailleurs ». Il laisse au siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, un système de prestations familiales unique au monde, les comités d’entreprises, la formation professionnelle, la médecine du travail, le statut des mineurs, celui des électriciens et gaziers (cosigné avec Marcel Paul), les classifications de salaires, la prévention dans l’entreprise et la reconnaissance des maladies  professionnelles, la caisse d’intempérie du bâtiment, etc.  En octobre 1950, alors que la maladie ronge, ses derniers mots à l’Assemblée Nationale sont pour la Sécurité sociale : « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès ».  Un appel brûlant pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé, mais reste ce qu’il a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet, la souffrance et l’exclusion. Ambroise Croizat meurt à Paris le 10 février 1951. Ils étaient un million pour l’accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, "celui qui l’avait aimé et à qui il avait donné le goût de la dignité ", écrivait Jean-Pierre Chabrol dans l’Humanité du 18 février 1951.

                                                                                                      Michel ETIEVENT*

*Auteur des livres « Ambroise Croizat ou l’invention sociale » et  « Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d’innovation sociale». Commandes à l’ordre de  Michel Etiévent, 520 avenue des thermes 73600 Salins les thermes. Prix de chaque ouvrage: 25 euros + 5 euros de port. (Pour les deux : seulement 7 euros de port). Telephone : 04 79 22 54 69 

Par Daniel - Publié dans : Ils publient…
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Vendredi 31 décembre 2010 5 31 /12 /Déc /2010 09:33

Bonjour ! Daviet-Georges.jpg

voici un bail que notre blog n'est plus actif… la vie nous entraîne vers d'autres priorités et pourtant nous n'avons pas oublié tous les copains qui nous ont fait confiance et attendent de nous des nouvelles.

Nous avons enregistré quelques décès parmi nos membres, anciens de l'EN, je n'en citerai que deux sur lesquels je reviendrai bientôt : celui de Georges DAVIET à Aix-les-bains, il était venu sur chaise roulante à notre fête, et c'est sans doute un de ses derniers grands bonheurs. Nous avons appris aussi le décès de René MASSON de la 82 ème promotion. J'ai demandé une note biographique à sa famille. Il y a sans doute eu d'autres départs dans nos rangs que nous avons ignorés. Merci de nous en informer.


Hubert-Favre-copie-1.jpg Une très bonne nouvelle par contre : la parution d'un ouvrage intitulé "Hubert du Beaufortain" nous donnant un portrait de notre camarade Hubert FAVRE. Tu trouveras en cliquant ici un communiqué qui te donnera des précisions sur cette ouvrage cadeau. Les copains qui seront intéressés pourront le commander sur le site Internet des éditions KAHUNAVISION accessible à l’adresse http://www.kahunavision.com ou par téléphone au 04-79-38-35-11. On le trouve aussi dans toutes les Maisons de la Presse du Beaufortain (Arêches, Beaufort, Hauteluce et Les Saisies), ainsi qu’au Café du Mirantin de Queige, à l’Intermarché de Villard-sur-Doron, à la librairie des Bauges d’Albertville et à la librairie Garin de Chambéry.

 

 

Pour terminer, au nom de notre équipe, je te souhaite ainsi qu'à ta famille une excellente nouvelle année. Sachons apprécier les petits bonheurs qui passent… c'est cela qui donne du goût à la vie. Avec nos amitiés

Par Daniel - Publié dans : Parcours de normaliens
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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 20:46

Salut les amis !
100907-Manif-retraites-Chy.JPG
j'espère que nos lecteurs ont passé un bel été, plein de choses heureuses. De mon côté, un peu calme mais la vie intense de la rentrée est là ! avec les activités sportives, associatives, familiales, et les nombreuses manifs (photo ci-contre à Chambéry).

Voici quelques nouvelles :
1- merci aux anciens qui ont répondu favorablement à nos propositions d'adhésion : nous arrivons à un total de 59 adhérents, en général à 10€ mais parfois plus. Les courriers d'accompagnement expriment le plaisir ressenti lors de notre rencontre de Juin. On peut encore adhérer bien sûr. Faire passer le mot, merci.

2- Nos finances sont donc positives grâce à vous, et pour les faire fructifier sans risques nous avons ouvert un livret A.

3- je publierai bientôt les comptes de notre journée de retrouvailles. René Mérat a eu la gentillesse de les analyser et en semble satisfait.

100626c_ortolland_lucien.JPG4- Le Conseil d'administration va se réunir courant octobre sans doute, et tiendra nos adhérents informés. Il nous faudra aussi activer le groupe sur l'histoire de l'EN. Nous avons bien peu d'anciens intéressés pour le moment : juste deux qui s'ajoutent au petit groupe de départ que j'avais annoncé, mais j'en oublie peut être. Merci de se manifester de nouveau… au cas où.

8- je rappelle que le magnifique travail fait par Paul pour notre expo est à la disposition des anciens pour éventuellement la présenter dans une école ou une salle de mairie, ou lors d'une rencontre MGEN ou d'une rencontre de promo. J'ai fabriqué un coffret qui permet de la transporter sans risques.

Avec mes amitiés. À bientôt.
Daniel

Par Daniel - Publié dans : Adhésions
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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 00:00

Bernard Pajani, ancien normalien de Haute-Savoie, promo 64-68 de l'EN de Bonneville, mais qui a été de  janvier 66 à juin 68 à l'EN d'Albertville, nous transmet une belle page sur une institutrice savoyarde, son arrière-grand-mère ainsi qu'un document photographique exceptionnel. Je l'en remercie vivement.

On peut trouver son ouvrage "Une famille savoyarde : les Charlet de Notre-Dame-du-Pré et Villard-sur-Doron" paru en décembre 2008 en librairie sur Albertville et Moutiers. On peut aussi lui commander directement sur son site qui mérite aussi le détour. Cliquer ici pour une commande et voir la présentation.

 

Marie-Louise Suatton, institutrice savoyarde (1885 à 1926)

Marie-Louise Suaton fut brevetée le 1er juillet 1885, à l'âge de 16 ans et demi.
On peut noter sa présence à Beaufort-sur-Doron, le 9 novembre 1886 puisque le maire sollicite, par courrier, quelques jours pour que "Mlle Suatton Marie-Louise qui avait été nommée institutrice pour l'école temporaire du hameau du Bersend ... appelée comme adjointe à Aiguebelle"  puisse préparer son trousseau. Officiellement, son relevé de carrière fait apparaître qu'elle entra en fonction, le 1er novembre 1886, à Aiguebelle. Puis, le 1er décembre de la même année, elle exerça à Saint-Sorlin-d'Arves. L'année suivante, le 1er novembre 1887, à Mercury-Gemilly, puis le 1er novembre 1888 à Notre-Dame-de-Bellecombe et enfin le 1er novembre 1890, à Notre-Dame-du-Pré.

Sa présence à Notre-Dame-du-Pré (1890-1895)

Peu de temps avant la rentrée scolaire du 1er novembre 1890, le maire de Notre-Dame-du-Pré, Ambroise Terraz, ayant été informé de l'heure d'arrivée de la nouvelle institutrice de 22 ans, à la gare de Pomblières, envoya un cultivateur à sa rencontre afin de l'aider à transporter ses bagages au village. César Charlet, 23 ans, fils d'Eugène qui possédait une carriole à cheval pour livrer ses semences à Moûtiers, était tout désigné. Il déclara, simplement pour s'amuser, à qui voulait l'entendre : "Je vais chercher ma femme !"
Il ne pensait pas si bien dire, évidemment !
Moins d'un an plus tard, le 10 octobre 1891, les tourtereaux se marièrent dans le village de l'époux, contrairement à l'usage qui voulait que le couple se mariât dans celui de l'épouse. Sans doute en raison du fait que Marie-Louise y était une personnalité remarquable comme institutrice. La maison commune s'anima, à 10 heures, en recevant le futur époux, l'institutrice et de nombreux parents et amis dont leurs pères et mères respectifs, ainsi que Dominique Deschamps, 48 ans, oncle de l'époux, Jean Bouvier, 39 ans, cousin de l'époux, Amand Romanet 24 ans, ami des époux, tous trois cultivateurs et domiciliés à Notre-Dame-du-Pré et François Jacquier, 30 ans, beau-frère de l'époux, cultivateur, domicilié à Feissons-sur-Salins.

Sa présence à Villard-sur-Doron (1895-1900)


Pour la rentrée scolaire de 1895, Marie-Louise Suaton prend son nouveau poste, à Villard-sur-Doron, village de son enfance, pour le 1er novembre, au hameau du Cray puis au chef-lieu, en remplacement d'une institutrice qui a suivi son mari.
Mais les deuils successifs, dus à la perte de son père et de trois de leurs enfants, ainsi que la volonté de son mari de retourner en Tarentaise lui font demander son changement.

 

1902-Ecole-NDP-Hauteville--1-.jpg

Nouvelle installation à Notre-Dame-du-Pré (hameau d'Hauteville) (1900-1904)


C'est, sans aucun doute à l'école du hameau d'Hauteville, qu'est prise la seule photo de toute sa carrière, sur laquelle on reconnaît ses deux enfants, Bernadette et Marcelle, à sa droite. (cliquer dessus pour l'agrandir)
Il n'a pas été possible de reconnaître d'autres personnes nées dans les années 1890 à 1900.

Déplacement à Saint-Marcel (hameau de Montmagny) (1904-1926)

En cette période troublée de séparation des Eglises et de l'Etat, elle est déplacée par l'inspection académique, suite à une cabale des parents d'élèves, due principalement à ses idées cléricales. C'est à la fin du mois d'avril que le maire signe son procès verbal d'installation dans l'école de la commune qu'elle vient de rejoindre.
Elle y restera jusqu'à la fin de sa carrière qui se terminera le 31 décembre 1926, malgré sa demande de prolongation en raison du fait que l'un de ses enfants poursuit des études supérieures.

Extrait de « Une famille savoyarde » en librairie sur Albertville et Moutiers par Bernard Pajani arrière-petit-fils de l'institutrice

Par Daniel - Publié dans : Vies d'instituteurs
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